Tristesse & Colère : Au-délà des émotions.

Je reviens avec une catégorie que j’ai réintégrée à mon blog. Elle me manquait vraiment. Il s’agit de la catégorie : psycho-réflexions. Non que j’aie la science infuse ou que mes nombreuses lectures dans le domaine de Freud m’ait donné des capacités hors normes, bien sur, mais on m’a souvent dit que j’avais comme un 6ème sens et la capacité d’écouter sans émettre de jugement tout en donnant des conseils. J’étais apparemment aussi très empathique… et à force de discussions avec mes proches, ils m’ont vraiment convaincue qu’il serait intéressant de partager toutes mes pensées avec vous car, qui sait, elle pourrait peut-être aiguiller certains ou certaines d’entre vous. Du moins, je l’espère.

J’ai déjà abordé plusieurs sujets au début de mon blog… Par exemple, le fait d’avoir été belle-mère très jeune, la gaieté ou encore le jugement par exemple. Aujourd’hui, j’ai envie de te parler de la tristesse et de la colère, deux émotions trop souvent mélangées, trop souvent confondues et qui provoquent énormément de discordes et de malentendus.

Tu es Tristesse, elle est colère : qu’est-ce qui les différencie ?

Par définition, la Tristesse est selon le Larousse l’état de quelqu’un qui éprouve du chagrin, de la mélancolie ; affliction alors que la Colère, elle, est l’état affectif violent et passager, résultant du sentiment d’une agression, d’un désagrément, traduisant un vif mécontentement et accompagné de réactions brutales.

Pour moi, les deux sont forcément liés MAIS, nous ne les lions pas de la bonne façon et c’est un peu pour cela que ces définitions me déplaisent. Vraiment.
Par exemple, la définition de la colère tend à dire qu’une agression nous mettra systématiquement en colère. Pour moi il n’en est rien. Je pense qu’une agression d’une personne inconnue peut nous mettre en colère, peut-être. Mais l’agression d’une personne aimée, appréciée va surtout nous fait énormément de mal, une sensation de pincement au coeur, donc de tristesse, que nous allons la plupart du temps, traduire par de la colère.

Parce que oui, le problème est bien là, nous ne savons pas exprimer nos sentiments de la bonne façon et cela crée des polémiques à rallonge, des disputes et des hurlements à qui gagnera la bataille. En tout cas souvent… (Si cela ne t’es jamais arrivé, alors chapeau!)

Traduire ses émotions… 

Tu sais pourquoi nous avons du mal à traduire nos émotions? C’est simple : nous avons des difficultés à nous mettre à nu. Car pour certains, avouer sa tristesse, c’est un peu comme avouer une part de faiblesse en nous. Je t’assure, j’ai entendu cela à de nombreuses reprises… Et je le comprends. J’ai moi même bien du mal à me mettre à nu, me lâcher et exprimer mes véritables émotions… La plupart du temps, je les garde pour moi car je suis incapable de les faire ressortir … Tu vois que les conseilleurs ne sont pas les payeurs et que même si je me suis rendu compte de la situation, cela ne signifie pas que j’arrive à appliquer ma propre méthode 😉 !

Bref, nous traduiront bien trop souvent notre profonde tristesse par des accès de colère. Je t’assure. Fais une analyse de toi-même lorsque tu es en colère et demande-toi simplement si ce qui a été dit ne t’a pas purement et simplement blessée? Oui? Alors, tu devrais être triste et pourtant, tu es en colère… Et tu vas reprocher tout un tas de choses à ton interlocuteur afin qu’il ressente la même peine que toi… C’est notre problème à tous, même à moi. Pourtant, je sais que ce n’est pas chose à faire mais parfois c’est plus fort que moi.

Il me suffit d’une mauvaise journée, de fatigue, raz-le-bol, d’un jour d’énervement, de mal-être ou que sais-je et j’en oublie moi même qu’être en colère quand on est triste complique bien plus les choses que lorsqu’on montre un véritable sentiment de tristesse.

Que faire pour traduire ses émotions ?

D’abord, quelques exemples concrets d’évènements où nous nous mettrons en colère au lieu de montrer de la tristesse.

Situation 1 : Dans un couple, tu le sais comme moi, il y a des hauts et des bas. Dans les moments de bas, tu as souvent l’impression d’être transparente, de ne plus compter, de ne plus être regardée avec tendresse et amour, d’être culpabilisée, d’être une mauvaise personne parfois, de mal faire les choses peut-être… Chacune ses ressentis. Nous aurons toujours l’impression que ces ressentis nous ont été « soufflés » par nos conjoints dans ces moments difficiles. Donc, nous sommes profondément blessées par ces agressions… Et selon la définition, toute agression entraîne de la colère. Donc, on se met en colère.

-> T’es-tu demandé si cela ne t’avait pas surtout fait énormément de mal de ressentir toute cette frustration ?

Situation 2 : Commençons par dire que nous avons tous une vision des choses bien à nous et que parfois, cette vision peut déboucher sur une mésentente et des quiproquos … La notion de l’amitié est quelque chose de vraiment abstrait. Nous essayons d’être l’amie la meilleure possible mais nous ne savons faire que de notre mieux car nous n’avons pas la sciences infuses mais surtout que comme tout être humain, nous sommes amenés à commettre des erreurs. En bref, tu choisis ton témoin témoin de mariage qui n’est autre qu’une de tes meilleures amies… bon, déjà c’est difficile car tu n’as sûrement pas envie de blesser les autres mais tu as fait ton choix en fonction de ton coeur. Néanmoins, au fil du temps, tu constates tristement que ton témoin ne s’implique pas comme tu le souhaiterais dans ton futur mariage, qu’elle semble passive ou ininterressée… Cela procure chez toi énormément de frustrations et donc, tu es en colère. Tu sais que tu n’as pas fait le mauvais choix mais tu es en colère car tu as l’impression que ton témoin n’en a tout bonnement rien à faire de tout cela…

-> T’es-tu demandé si cela ne te blessait pas que ton témoin s’implique aussi peu dans ton futur mariage ?

Les situations sont diverses et variées et je pourrais t’en donner encore des dizaines mais il te faudrait deux jours pour lire mon article :p !

Ce que nous avons tendance à faire …

C’est très simple. Quand on est en colère, que fait-on ? Des reproches ! Pour reprendre les deux situations ci-dessus, on dira par exemple à son mari : tu ne m’aides jamais, je me débrouille toujours seule, tu ne sais même pas t’occuper des enfants, tu ne penses qu’à ton travail ou bien tu ne t’impliques même pas dans mon mariage, tu ne t’intéresses même pas à moi ou à mon bonheur, on dirait que tout cela t’est égal !

T’as jamais fait ce genre de chose toi ? Sure que si ! :p

Et donc …

Effet boomerang. Forcément, tu m’agresses = je t’agresses en retour. Agression = colère. Parce que pour la personne agressée aussi, c’est de la colère et pas de la tristesse, malheureusement.

Quand on reproche quelque chose à quelqu’un, on doit forcément s’attendre à des reproches en retour et surtout à une personne qui va se défendre bec et ongle et démonter vos affirmations accusatrices. Logique quoi, on ferait tous la même chose je pense. En gros, c’est un cercle vicieux… Plus tu me fais de reproches, plus je t’en fais… Et pire c’est. La situation s’envenime au point de devenir parfois cauchemardesque quand on se retrouve entre personnes de fort caractère qui refuse de lâcher le morceau, persuadée qu’elles ont raison.

Une solution ? bien-sur !

La question qu’on me pose généralement quand je parle de ça avec quelqu’un, c’est : mais tu me proposes quoi alors? De ne rien dire pour ne pas créer de polémique?

Et bien non, pas du tout ! Dire ce qu’on pense en amour, comme en amitié comme n’importe où d’ailleurs est important pour nous… En gardant des émotions sur le coeur, on se sent véritablement prisonnière de nos propres sentiments et piégées, incomprises.

La solution, c’est simplement d’exprimer un véritable ressenti. Notre ressenti à nous. C’est ce qu’on a fait me dirais-tu? Non non, pas du tout. Faire des reproches n’est pas exprimer un ressenti. Pour exprimer un ressenti, tu dois parler de toi et donc, tu dois toujours employer le « JE ».

Je, oui ! tu, non !

Pourquoi bannir le « TU ». Simple comme bonjour quand on y réfléchit ! Quand tu fais des reproches à quelqu’un, tu mets immédiatement en doute ses qualités humaines, personnelles ou professionnelles peut-être. En disant : tu ne fais jamais rien, tu ne m’aides jamais, tu me laisses tout faire seule, tu ne t’intéresse pas à mon bonheur… En faisant cela, on doit s’attendre à ce que la personne en face ne soit pas d’accord et critique notre façon de voir les choses. Car elle n’a pas l’impression de ne rien faire, de ne pas aider, de laisser tout faire à l’autre ou encore de ne pas s’intéresser au bonheur de l’autre. Cette personne à l’impression de faire ce qu’elle peut et n’accepte pas qu’on remette en doute. Elle va donc essayer de démonter nos arguments les uns à la suite des autres…

Alors, maintenant, essaie de parler en « JE » et exprime tes sentiments, les vrais. Je commence :

  • J’ai l’impression que mon bonheur ne te touche pas, cela me fait beaucoup de peine :
  • Je me sens seule, j’ai vraiment l’impression que tu n’apprécies pas être ici et c’est difficile pour moi de voir ça ;
  • Je me sens épuisée et j’ai vraiment besoin d’aide car je ne m’en sors pas… ;
  • Je suis vraiment très attristée car je ne sens plus ton regard bienveillant et amoureux sur moi, cela me fait mal au coeur.

Et maintenant, demande-toi : Peut-on essayer de démonter mes arguments? Critiquer mon ressenti? Dire que c’est faux ?
La réponse est : NON.

Les remettre en cause reviendrait simplement à dire que tu ne ressens pas de tristesse, que tu n’es pas malheureuse, que tu ne te sens pas seule, que tu n’as pas le coeur brisé en ayant l’impression que ton amie ne partage pas tes envies pour ton mariage… Si tu es triste, on ne peut pas dire que c’est faux. Si tu te sens seule, qui pourra dire que ce n’est pas le cas?
La première raison pour parler en « je » est bien là. Puisque tu exprimes ton ressenti personnel, il est juste impossible de dire qu’il est faux.

Ensuite, les autres raisons s’enchainent et dépendent de la première. Ne pas accuser l’autre permet de ne pas le mettre « en colère » ou du moins sur la défensive. Il ne va pas se sentir agresser ou il ne va pas avoir l’impression que tu remets ses qualités humaines en doute. Il va entendre ton ressenti… Il est évident que chaque interlocuteur réagira selon sa personnalité et qui il est mais une personne qui t’aime ne se dira jamais « je m’en fous » en voyant que tu es triste, apeurée, malheureuse ou que tu te sens seule par exemple.

Donc, cela ne crée pas de polémique inutile, de grandes discussions endiablées parfois désagréables. Souvent, cela ne créera pas de disputes mais bien une discussion, souvent constructive même puisque l’autre va vouloir comprendre pourquoi tu te sens seule, triste ou mal. Et toujours en exprimant ton ressenti personnel, tu pourras lui parler ouvertement de tes envies, de tes besoins… MAIS, ce n’est pas tout

Une dernière petite chose quand même. Ton interlocuteur, lui aussi, ressent des émotions… Fais preuve d’empathie et essaie de comprendre ce qu’il ressent. Demande-toi s’il est triste, interloqué, s’il se pose des questions, cherche des solutions, s’il est triste ou en colère, s’il va bien ou plutôt mal… Raisonne comme si tu étais cette personne car souvent, on connait parfaitement notre interlocuteur et on sait se mettre à sa place. Fais-le et tu verras toi aussi les choses sous un autre angle en te mettant dans sa peau tout en essayant de ressentir ce qu’il ressent à ce moment précis.

L’équation du bonheur ?

Oh mon dieu non !

Il ne s’agit pas ici d’un calcul scientifique, d’une étude ou de probabilités de réussite… Il s’agit de sentiments humains et qui dit sentiments dit compliqué. Souvent en tout cas.

Il ne s’agit pas ici d’une formule magique… Juste d’un petit coup de pousse qui peut vous permettre de mieux vous entendre, de mieux vous comprendre. De ne pas créer de disputes et de ne pas entendre des choses qu’on ne voudrait pas entendre et qui ont été soufflées sous le vent de la colère.

C’est simple, la « formule un peu magique » c’est un zeste de véritable ressentis en utilisant le « Je », une portion d’empathie pour toujours essayer de ressentir ce que ressent l’autre, un soupçon de prises de conscience car tu dois te rendre compte que tu n’es pas vraiment en colère mais que tu es surtout triste et pour terminer, une cuillère de bienveillance car tu auras toujours envie du bonheur et donc, tu feras ce qu’il faut pour l’atteindre. 

Simple dis-tu? Pas toujours… Mais essaie et tu verras que cela peut tout changer. Et même si tu n’y arriveras pas chaque fois, je suis sure que parfois, cette méthode reviendra à toi car elle aura fait ses preuves 😉 !

Soyez heureuses,

LOVE,

XOXO

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